Nom de lieu de langue bretonne, formé de deux composants : le terme générique Lann ("lieu consacré, ermitage"). Ce dernier désigne une fondation religieuse créée par les Bretons au haut Moyen Age, et pouvant remonter à leur installation en Armorique à partir du IVe siècle. On peut noter une hésitation sur l'appelatif dans la forme ancienne de 1449, qui présente le mot Lok- en tête, terme de même sens que Lann et qu'il a remplacé après le Xe siècle dans la production toponymique. Le second composant est le nom de saint Melor, bien attesté ailleurs (à Lanmeur, Tréméloir/Tremelar, Lomener...). Il est toutefois probable que le nom recouvre plusieurs personnages différents et explique les variantes en breton, comme Meler ou Meilar. Ces différents avatars sont issus du vieux-breton (Ve-Xe siècles) *Maglorio, qui a aussi donné la forme savante Magloire, de laquelle découle la forme Meloir que l'on rencontre également. L'hagionyme n'est pas sans rappeler le(s) saint(s) honoré(s) dans deux paroisses en Cornouaille outre-Manche : Melor à Linkinhorne/Lanngenhorn et Mylor à Mylor/Lannwydhek. La forme administrative qui présente isolément l'article français féminin "La" en tête est fantaisiste. Elle découle d'une fausse coupe dans le toponyme. En breton, Lann se note avec un seul N devant une consonne (cf. Landévennec/Landevenneg, Landerneau/Landerne ou Landeleau/Landelo) et provoque l'adoucissement du M initial du composant qui suit en V. Autrement dit, Lann+Melor donne Lanvelor.