Comme le montrent les formes les plus anciennes du nom à disposition, le toponyme est un doublet après métathèse, du nom de commune Langourla/Langourlae dans le même département. La métathèse est un phénomène linguistique courant en breton consistant en une permutation de lettres au sein d'un même mot, y compris dans la langue courante, quant dans certaines zones, on utilise les formes initiales alors que dans d'autres secteurs, on emploie des formes issues de ce processus. Exemples : marteze/matreze ("peut-être"), bepred/berped ("toujours"), debriñ/drebiñ ("manger"), etc. Deux éléments composent donc ce nom de lieu de langue bretonne : Lann qui correspond à un "lieu consacré", un "ermitage", soit une fondation religieuse du haut Moyen Age, remontant à l'installation des Bretons dans la péninsule armoricaine, à partir du IVe siècle. Lann est suivi de Gourlae, nom de saint, attesté dans d'autres toponymes bretons comme simple nom de personne (Ex. : Rangourlay/Rangourlae). Ce dernier se compose de Lae, qui signifie "religieux, fidèle, croyant". Le premier élément Gour peut revêtir deux acceptions. Il peut correspondre à Gour avec le sens d' "Homme", du vieux-breton (Ve-Xe siècles) guor/gur, ou être le préfixe augmentatif Gour, également guor/gur en vieux-breton. L'ajout du complément géographique "sur-Rance" dans la forme administrative, en référence au fleuve au bord duquel se trouve la localité qui nous occupe, est officialisée en 1970. En breton, la forme reste Langorlae.