Le nom se compose de deux éléments de langue bretonne : Plu- et Sulian. Le premier est l'une des variantes (avec Plo-, Pleu-, Ple-, Pla-, etc.) de Plou(ev), "paroisse" bretonne primitive, soit le maillon principal de l'organisation mise en place par les Bretons lors de leur installation en Armorique à partir du IVe siècle. Le mot procède du latin Plebs ("peuple"). Son sens précis est discuté (communauté religieuse/communauté civile). Dans le cas présent, le déterminant qui suit est Sulian/Sulien, saint breton honoré ailleurs en Bretagne. Il entre ainsi en composition dans Lansulien en Cléden-Cap-Sizun/Kledenn-ar-C'hab (29), à la suite d'un autre terme générique breton alto-médiéval, en l'occurrence Lann ("lieu sacré"). A Saint-Rieul/Sant-Rieg (22), il se présente à la suite du mot Saint dans le lieu-dit Saint-Sullien/Lansulien. Dans Losulien au Relecq-Kerhuon/Ar Releg-Kerhuon (29), l'hagionyme est associé à Log, autre terme générique breton important, de même sens, mais plus tardif. Sulian/Sulien est également honoré en Cornouaille britannique et au Pays de Galles, comme le montrent différents toponymes en cornique et en gallois, les deux langues celtiques insulaires les plus proches du breton. Le nom proprement dit associe les composants vieux-bretons (Ve-Xe siècles) Sol/Sul ("soleil") et Gen ("naissance, famille"), palatalisé en -ien/-ian. Par analogie sonore, le culte de saint Julien a régulièrement supplanté Sulian en Bretagne (Cf. Saint-Julien/Sant Sulien à Lanniliz (29), Sainte-Julienne/Sant-Sulien à Gourin ou Lanjulien en la Forêt-Fouesnant/Ar Forest-Fouenant, par exemple). Plusulian n'a pas échappé à cette substitution : l'église paroissiale, encore mentionnée comme dédiée à saint Suluan au XIVe siècle, est peu à peu placée sous le vocable de l'hagionyme romain Julien.