Châtelaudren-Plouagat [Châtelaudren]
Châtelaudren/Kastellaodren est présenté comme tirant son nom d'un château - Kastell en breton - qui remonte au XIe siècle, époque à laquelle la population locale est dans son immense majorité monolingue de langue bretonne dans le secteur. Une forme ancienne, relevée dans un écrit en français, fait écho à la forme moderne Kastellaodren en breton, en l'occurence "Castel Audren" en 1516, avec la forme ancienne "Castel" pour le breton Kastell. Audren/Aodren qui suit est un nom de personne. Nous ignorons qui est ce personnage. Un seigneur de l'époque probablement. En tout cas, ce nom est également de composition bretonne : de Aod ("élevé") et Ren ("royal"). On le rencontre régulièrement dans la toponymie en Bretagne, y compris comme nom de saint dans deux noms de lieux formés sur le terme Plou(ev) ("paroisse" bretonne primitive) : Plaudren/Plaodren (56) et Pledran (22). Comme nom de laïc, il figure en vieux-breton dans le Cartulaire de Redon au IXe siècle, sous les graphies "Altroen" et "Aldroen". Le nom Kastellaodren est bien attesté dans la production écrite de langue bretonne, certes sous des variantes orthographiques assez diverses jusqu'au milieu du XXe siècle. La forme pleine du nom, attendue dans le domaine de l'écrit, se décline de manière réduite "Ar C'hastell" chez les locuteurs de langue bretonne en proximité. L'article défini "Ar" provoque la mutation K/C'h de Kastell, ce qui est un phénomène linguistique normal en breton. De même, lorsque l'on est à Châteauneuf-du-Faou/Kastell-Nevez-ar-Faou dans le Finistère, on entend les formes réduites Châteauneuf/Ar C'hastell-Nevez dans le quotiden à l'oral et il est rare d'entendre la forme pleine car on sait de quel endroit on parle, lorsque l'on s'y trouve ou en proximité. Même cas de figure pour Saint-Pol-de-Léon/Kastell-Paol avec les formes abrégées Saint-Pol en français et Kastell en breton localement.