Le nom Rostrenen/Rostrenn se compose de deux éléments distincts, comme le confirment les formes écrites relevées dans les archives, dont les plus anciennes remontent à l'époque du règne du duc de Bretagne Jean Ier. L'élément initial est Roz, qui signifie « coteau, flanc de coteau, tertre ». Ce terme est assez fréquent en toponymie bretonne. Il se note Ros- avec un -s en composition devant une consonne. Dans le nom qui nous occupe, la consonne finale /s/ a d'ailleurs renforcé la consonne initiale du second composant qui est très vraisemblablement Draenenn, forme singulative de Draen, « épine », dont la diphtongue -ae s'est réduite sur le -e. En toponymie, lorsque le suffixe -enn est associé à une espèce végétale, il désigne non pas une unité mais une zone uniquement couverte par celle-ci généralement (cf. les toponymes Kerskavenn, Kergistinenn, an Dervenn par exemple). Aussi, Draenenn ne désigne sans doute pas une simple épine ici mais plutôt un espace caractérisé par la présence exclusive d'épineux, autrement dit un « roncier ». Il est d'ailleurs assez troublant de remarquer que l'église paroissiale soit placée sous le patronage de Notre-Dame du Roncier. Notons en outre que la prononciation du nom varie entre deux à trois syllabes, avec accentuation sur la finale ou sur la pénultième. C'est ce qu'indique déjà le lexicographe Grégoire de Rostrenen au XVIIIe siècle dans son dictionnaire français-breton, avec l'orthographe de l'époque, à travers des formes plus ou moins phonétiques : RoStrenen, RoStreen, RoSstren, RoStrenan, RoStranen. L'étymologie associée à cette accentuation à l'oral explique la forme normalisée Rostrenenn qui a eut cours en breton moderne pendant un temps. La forme Rostren avec un seul -n parfois rencontrée induit en erreur et est par conséquent à écarter. Compte-tenu de la topographie de la commune, plusieurs autres lieux-dits comportent le mot Roz, tels Roskelvenn (de Kelvenn, « noisetier »), Roz Avel, (« coteau exposé au vent »), Lein ar Roz (« le sommet de la butte ») et Rostrezeg qui s'avère être un doublet du nom même de la commune, puisque le second composant renforcé à l'initial est issu de Drezeg, qui veut dire également « roncier ». Le nom Rostrenenn correspondait sans doute d'abord à un château de l'époque féodale, construit sur ledit coteau, qui est devenu par la suite le siège d'une baronnie importante et a été le nom porté par une lignée de seigneurs.