Toponyme de langue bretonne, composé de deux éléments : le terme générique Plou(ev) et l'anthroponyme Balae. Le premier désigne une "paroisse" bretonne primitive, c'est-à-dire le maillon principal de l'organisation mise en place par les Bretons lors de leur installation en Armorique à partir du IVe siècle. Le second est un nom de saint. Une chapelle est placée sous son vocable à Saint-Valay/Sant-Valae en Taden (22), à proximité immédiate de Lanvallay/Lanvalae, toponyme dans lequel figure l'hagionyme à la suite de Lann ("lieu consacré"), autre terme toponymique générique du haut Moyen Age. Balae figure aussi associé à Froud ("ruisseau, courant rapide") dans le nom du cours d'eau dénommé "le Floubalay", et qui traverse le territoire de Ploubalay/Plouvalae du sud au nord, avant de se jetter dans la baie de Lancieux/Lanseeg. Le culte de ce saint, ou d'un homonyme, est mentionné dans le Finistère : une chapelle de l'abbaye de Landevenneg (29) était dédiée à Saint Balae (dite "de Saint-Valé" en 1712) ; une chapelle de Concarneau/Konk-Kerne, avant d'être substitué par Saint-Jacques, était placé sous le même vocable (noté "Saint Vallé", "Saint Valay", "San Vallay" au XVIe siècle, "Saint Vallet", "(croix) Saint Valès", "Saint-Vallée" au XVIIe siècle). D'après les travaux de Bertrand Luçon (NLBPN), on rencontre l'hagionyme "Balay" en Loire-Atlantique aussi : comme patron de la frairie de Rohel/Roc'hell en Derval/Derwal et de la frairie de Penc'hoed/Penhoët en Avessac/Avezeg (où se situe le village de "Remballay", nom dans lequel Balae est peut-être précédé de Rann, "parcelle"). Si l'attestation "Bachla" au Xe siècle correspond au saint qui nous occupe, Bernard Tanguy (GDSSB) envisage, à la suite de l'idée proposée par Joseph Loth (LNSB), un prototype *Bachlae, ayant évolué en Balae (cf. Maclou>Maloù/Malo). Balae paraît comporter dans sa partie finale l'élément Lae ("fidèle, religieux"), présent dans divers anciens noms de personnes bretons par ailleurs. En tant que nom de personne laïc, Balae pourrait expliquer le toponyme Kervalae ("Kerba(l)lay", certains "Kervale", "Ville Balay"...) et sans doute "Trévalay" en Plurien (22), à la suite d'un autre terme générique breton alto-médiéval : Trev ("lieu habité et cultivé"). Le mot Plou(ev) provoque l'adoucissement de l'initiale B de Balae de V, d'où la forme Plouvalae. Dans Lanvallay/Lanvalae, cette lénition B/V à la suite de Lann figure dans la forme administrative.