Toponyme dont il ne reste que le nom de saint Guéhenno/Gwezhennoù. En effet, comme le montrent les formes historiques à disposition, au XVe siècle encore, il était formé en tête du terme générique de langue bretonne Mouster ("monastère", ou simple lieu dépendant d'un établissement religieux, avec la présence d'un sanctuaire et plus tardivement Moustoer, qui désignait plutôt une "chapelle rurale"). Gwezhennoù est formé sur l'élément Gwezhen(n), noté Uuethen en vieux-breton (Ve-Xe siècles). Comme son correspondant gallois Gweithen, celui-ci signifie "combat, bataille". Le terme entre en composition dans différents noms bretons anciens de personnes bien attestés. La partie finale de l'éponyme qui nous occupe est discutée. Pour certains, il est affublé du suffixe diminutif -où. L'hagionyme serait alors un doublet de l'anthroponyme Gwezhen(n)eg ("combattant"), avec un autre suffixe, noté sous des formes administratives plus ou moins archaïques comme patronymes : "Guézenoc", "Guézennec", "Guéhenec", "Guéheneuc", etc. Voir aussi Saint-Guinoux/Sant-Gwênoù, commune d'Ille-et-Vilaine. D'autres (LNSB, NOLIB) envisagent la partie finale de Gwezhennoù comme étant Gnaou ("connu, fameux"), noté "Gnou" ou "Gnoe" en vieux-breton, bien attesté dans l'anthroponymie et la toponymie anciennes de langue bretonne. Cf. Plougasnou/Plouganoù, Arzano/An Arzhanaou, Pluduno/Pludunoù, etc. Comme patronyme qu'il est devenu également, Gwezhennoù est généralement noté "Guehen(n)o" à l'état civil.